15.5.17

La Centauresse de Diomède

Facture art déco et inspiration symboliste, l'œuvre est superbe.
 
Il s'agit d'une gravure réalisée par Henry Chapront pour le frontispice de l'édition de 1921 du roman de Rémy de Gourmont, Les Chevaux de Diomède (éditions La Connaissance).
On y note l'influence cubiste et surtout ces roses, motif typique et récurrent des années 20. Leur floraison foisonnante envahit alors tous les domaines des arts décoratifs (menaçant d'en étouffer quelques-uns).
Quant au roman de Gourmont, il figure parmi les nouveaux ajouts du site gutenberg.org où je vous invite à vous rendre si l'ouvrage vous intéresse.
Gourmont n'avait pas l'esprit dans sa poche et le livre est truffé de remarque pertinentes, et surtout impertinentes, sur nombre de sujets, comme par exemple, l'immense pouvoir de la littérature :
 
…par des lectures choisies avec soin,
lentes et méditées, on peut recréer son existence
avec une facilité presque mauvaise.
 
Ou cette tirade qui, au temps des émoticones, prend des allures prophétiques :
Dans quelques siècles, tout le monde pensera sur ce point comme pense l'homme moyen d'aujourd'hui. Il n'y aura plus aucune littérature, ni de prose ni de vers, et la pensée s'exprimera selon une formule nette, sèche, purement algébrique. Comme il n'y aura plus d'idées générales, toute notion de l'extra-sensible étant abolie ou considérée comme l'un des symptômes de la folie, il est très possible qu'on délaisse, comme trop lent, notre système d'écriture. A des hommes parqués par la science et par le socialisme dans des besognes et des plaisirs prévus et ordonnés une fois pour toutes, quelques idéogrammes suffiront pour dire toute la pensée humaine, qui sera brève; les besoins physiques, les désirs sexuels, bon, mauvais, pluie, soleil, froid ; chaud. J'estime qu'avec cinquante grognements gradués et autant de signes représentatifs un troupeau d'hommes socialisés exprimera parfaitement tout son génie.

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