21.11.17

Parhélie



Aujourd'hui, en sortant de la forêt, j'ai aperçu cette sorte d'arc-en-ciel dans les nuages. J'ai fait quelques clichés avant de réaliser qu'il s'agissait d'une parhélie et que le même phénomène était peut-être observable de l'autre côté du soleil. Je me suis empressée de me rendre à un endroit d'où je pourrais avoir une vue d'ensemble.


Le temps d'arriver, la tache lumineuse avait commencé à s'estomper. On l'aperçoit encore sur la droite. On ne voyait rien du côté opposé, par contre en faisant un effort, on distingue un arc de cercle un peu plus jaune au-dessus de l'astre.

13.11.17

D'un blanc virginal...


... au printemps,
le Boule de neige achève son cycle
par une débauche de couleurs.
Est-ce par compensation ?

11.11.17

Au Soir de la Pensée

 
Qui se souvient encore d'Abel Hermant de l'Académie française ? Par grand monde, j'imagine. Je cherchais, dans mon stock de livres d'occasion, quelque chose à proposer à un groupe de lecture, et c'est en ouvrant son roman intitulé La Discorde (1928) afin d'en lire quelques extraits que j'ai trouvé ce marque-page : une carte destinée à promouvoir le livre de Georges Clémenceau, Au Soir de la pensée, sorti l'année précédente chez le même éditeur (Plon).
 
Clémenceau fait partie de ces hommes d'Etat dont le nom nous reste connu alors que nous avons oublié le détail de ses actes. Jusqu'à une époque très récente, si l'on me disait "Clémenceau", je pensais "Brigades du Tigre", mais récemment j'ai regardé un documentaire (de la série L'Ombre d'un doute) qui m'a rafraîchi la mémoire à son sujet. Plutôt antipathique, le bonhomme. En politique comme dans sa vie privée, il était sans pitié.
 
Passionné d'arts asiatiques et grand collectionneur, à un journaliste qui l'interrogeait sur son intérêt pour les cultures orientales, il a déclaré qu'il était bouddhiste. Était-ce seulement une boutade ? 
 
Que pouvait écrire un tel homme à la fin de sa vie ?
Je suis allée voir ce que renfermait Au Soir de la pensée... Le premier chapitre s'intitule "Dans le moment qui fuit..." (cela sonne assez bouddhiste, en effet, et la suite également !) 
Au soir de la pensée, quand la vie présomptueuse, à bout de floraisons, ne peut plus qu'égrener au vent ses rares commencements de velléités dernières, voici que devant la suprême interrogation, l'homme effaré s'arrête - moins stupéfait d'une existence improvisée que confondu du proche effondrement où se heurte l'infatuation de sa personnalité.
Qu'est-ce donc qu'avoir vécu ? Qu'est-ce donc que vivre et mourir ? Qu'est-ce que naître, d'abord ?
La naissance ? Une continuation. La continuation d'un tumulte ordonné d'énergies en perpétuel devenir.
Vivre ? La sensation d'une imaginaire fixité dans l'insaisissable révolution de cette éternelle Roue des choses, dont l'Inde n'eut la vision que pour l'irrésistible tentation de s'en affranchir.
Mourir ? Continuer encore, et toujours, en des formes éternellement renouvelées.
Pour la suite, allez faire un tour sur Gallica... L'œuvre est en deux volumes...
 
J'ai appris hier que Clémenceau sera la grande figure célébrée à l'occasion du centenaire de la guerre de 1914-1918. L'occasion, peut-être, de redécouvrir cette personnalité complexe.
 

2.11.17

Vous avez dit "étrange"?

"...comme c'est étrange, il suffit qu'une idée noble et généreuse atteigne à la démesure pour qu'elle devienne aussitôt étroitesse d'esprit."
Romain Gary, Lady L.

10.10.17

"Assault girls", Mamoru Oshii, 2009

 
Assault Girls (Asarutu Gâruzu), tout comme Tachiguichi Retsuden fait partie des œuvres dans lesquelles Mamoru Oshii, (surtout connu et célébré pour l’anime Ghost in the Shell) pulvérise les genres et les limites, et qui, pour cette raison, peinent à rencontrer leur public.
 
Le scénario est minimaliste : nous sommes en immersion dans un jeu vidéo en ligne baptisé Avalon (f). Nous débarquons donc dans un désert au beau milieu d’une partie et découvrons quatre joueurs, trois femmes et un homme, qui affrontent de gigantesques créatures mutantes. Comme ils doivent absolument détruire ces monstres pour passer au niveau supérieur, et qu’ils ne peuvent y arriver seuls, ils se voient obligés de s’allier pour organiser un raid.
 
Les codes qui s’appliquent tout au long du films sont ceux du jeu et non ceux du cinéma. Visuellement, tout est fait pour que l’on se croit dans un décor virtuel. C’est à la fois minimaliste (le désert) et beau. Les images sont stylisées, les couleurs un peu passées, et l’on a droit à de nombreux gros plans et raccourcis. Le temps est celui du jeu, c’est à dire que, tout comme dans une partie de jeu en ligne, il y a de longs moments d’exploration où il ne se passe rien. Les dialogues concernent uniquement la partie, et le peu que l’on apprend des personnages, on le découvre soit à travers les invectives qu’ils s’envoient, la manière dont ils jouent et les identités qu’ils se sont créées. De leur vies réelle, on ne voit rien. On nous a seulement dit que leur monde est en ruine et que c’est la raison pour laquelle ils se réfugient dans cet univers factice. Avalon est devenu leur véritable lieu de vie. On en sait probablement davantage si l’on a vu le précédent file d’Oshii sur le même thème, Avalon (2001), mais Assault Girls se suffit à lui-même.
 
Le gros atout du jeu et du film, vous l'aurez deviné en regardant les photos, ce sont les trois actrices, très belles et sexy. Rinko Kikuchi est magnifique en Lucifer.
 
L’idée de nous plonger dans un jeu vidéo est extrêmement séduisante. Apparemment, c’est un concept auquel Mamoru Oshii tient beaucoup puisqu’il vient d'en sortir une nouvelle déclinaison, Sand whale and me (2017), une série TV en cinq épisodes.
 
 
En creusant un peu le sujet, j'ai trouvé cette thèse de doctorat de Martin Picard, Pour une esthétique du cinéma transludique Figures du jeu vidéo et de l’animation dans le cinéma d’effets visuels du tournant du XXIe siècle dans laquelle l'auteur s'est intéressé à l'influence du jeu vidéo et de l'animation sur le cinéma et pris pour objets d'étude Matrix des Wachowski (1999-2003), Avalon et Kung-fu Hustle de Stephen Chow (2004). A la lumière de cette analyse, on se rend compte qu'avec Assault Girls Osshi ne fait que pousser un peu plus loin l'expérience de fusions entreprise avec Avalon, cette fois en se débarrassant presque complètement de l'aspect (du prétexte) narratif. C'est un film purement théorique d'où l'incompréhension presque générale qu'il a suscitée.

4.10.17

Lay en mode néo-rococo...


(détail)

(détail)
 
J'ignore le nom du photographe qui a réalisé cette série de portraits de Lay, ex-Exo, mais ils sont très réussis. C'est à la fois surprenant, beau et totalement décalé.
Je découvre Exo par bribes, d'abord Shanyeol par l'OST de Goblin, et maintenant Lay...  Si je ne me surveille pas, je vais finir par devenir fan.


5.9.17

Avez-vous jamais eu envie...

.... d'épouser un Goblin ?
Non ? Alors c'est que vous en êtes restés à Harry Potter ou World of Warcraft et que vous n'avez pas encore eu le bonheur de découvrir le concept du Goblin hyper craquant développé par la scénariste Kim Eun-soon dans le drama du même nom.
Son Goblin n'est pas vert, il n'a pas les oreilles démesurées en pointe ni le regard torve. Il a le charme de Gong Yoo, c'est dire s'il est mimi...
La bande originale est plutôt bien...  Mais voyez et entendez par vous-même...
 

le générique et la chanson thème
(devenue ma favorite du moment)
 

 "Round and round" (encore, car je ne m'en lasse pas) et "Stay with me" interprétés par Punch et Shanyeol .
(Le passage où deux personnages marchent dans les phares est repris
un peu plus tard dans le drama, mais sous forme de parodie - hilarant.)
 

en anglais

2.9.17

La Mort d'un chat

 
 
Hier, au moment où je sortais de chez moi, j'ai aperçu un groupe de promeneurs sur la route. Quelle ne fut pas ma surprise de voir quelques femmes s'en détacher et se précipiter à ma rencontre avec des mines catastrophées :
- Madame, Madame, venez vite voir...  Il y a un chat mort sur votre pelouse !
Elles me l'ont décrit, étendu, les pattes en l'air, inerte... Il a dû se faire renverser par une voiture et aller mourir là... le pauvre !
Je me suis rendue avec elles sur les lieux du drame.
En effet, malgré le groupe qui jacassait près de lui, le chat, figé dans une position bizarroïde, ne remuait pas un poil. 
Normal, il a le sommeil lourd, Chat...
Le bruit des conversations excitées a quand même fini par le réveiller. Il nous a regardés, l'air interloqué, s'est levé paresseusement, a parcouru les quelques mètres qui nous séparaient de lui avant de se laisser tomber lourdement aux pieds des bonnes dames qui se sont empressées de lui frotter le ventre, heureuses de le voir ressuscité. 
Il est comme ça, Chat. Il dort n'importe où, dans des positions baroques, indifférent au monde qui l'entoure. Parfois, il ne se rend même pas compte que la pluie tombe et nous revient le pelage hirsute et trempé. C'est un philosophe. L'âme en paix, il l'a de son vivant, lui.

1.9.17

"L'Atlantide" de Pierre Benoit

au dos de ma vieille édition de L'Atlantide...
Pas faux... Je l'ai lu presque d'une traite.
 
 

25.8.17

Je booste mon intelligence émotionnelle

 
Cet été, j'ai laissé tomber les livres pour me lancer dans une entreprise ambitieuse et noble : booster mon intelligence émotionnelle.
Comment a-t-elle procédé ? vous demandez-vous, curieux d'en faire autant.
Tout simplement en regardant des Kdrama.
 
En effet, si nous savions déjà que la littérature améliorait notre compréhension des motivations secrètes de nos contemporains, une étude (aussi scientifique que libératrice) vient de démontrer que visionner des séries télé de qualité a également pour effet d'augmenter notre capacité à déchiffrer les émotions d'autrui. Existe-t-il une aptitude plus utile et fondamentale que celle-là dans la vie ? Non, évidemment.
Et ce n'est pas tout, une autre étude avait prouvé qu'elles agissent sur le mental de manière aussi positive que la présence d'amis.
 
En deux mois d'entraînement intensif, je suis devenue une surdouée du décryptage émotionnel, j'ai un moral stratosphérique et j'ai beaucoup rajeuni (ce n'est pas encore prouvé scientifiquement, mais c'est un vrai bain de jouvence).
Cela m'a aussi donné envie d'apprendre le coréen... mais c'est une autre histoire...

12.8.17

"Lost to Shame", Nam Yeon-woo (2017)

Lost to Shame de Nam Yeon-woo (2017)
Le film sort en Corée en septembre. Si je le mentionne, c'est surtout pour son affiche. Minimaliste et pourtant éloquente.
Ce dépouillement raffiné est caractéristique du design coréen.

9.8.17

L'Homonyme

Parmi les fléaux d'internet, arrivant en troisième position derrière le troll et l'ex qui publie tes photos intimes pour te pourrir la vie, il y a ton homonyme.
 
L'homonyme, c'est le gars ou la fille que tu n'as jamais rencontré (e), mais qui par malchance porte le même nom et le même prénom que toi. Si tu te croyais unique, c'est râpé, mais ce n'est pas le pire : alors que tu as toujours fait très attention à ton image virtuelle afin de véhiculer des valeurs compatibles avec tes objectifs professionnels, l'homonyme, lui,  ne s'est jamais embarrassé de ce genre de détails. Il vit sa vie et la partage généreusement avec son entourage via les réseaux sociaux, si bien que quand on tape ton nom à toi dans un moteur de recherches, le premier visage qui apparaît c'est le sien. Il n'est pas mal. Il sourit. Normal, il est en pleine teuf, le verre à la main. C'est un bambocheur ! Soyons honnêtes, il ne fait pas que cela. Il bronze sur la plage, tire la langue, joue à des jeux idiots, écoute de la musique ringarde.. Et il est plutôt courageux, car il trimballe ses boissons jusque sur les pistes de ski...
En le voyant s'épanouir sur la toile, tu as la curieuse sensation que toutes ses occupations n'ont qu'un seul objectif : ruiner ta crédibilité auprès de clients et d'employeurs potentiels. Et c'est bien le problème. Il abîme ton image seulement auprès de personnes qui ne te connaissent pas et qui ne vont pas aller faire de recherches poussées pour savoir si tu es bien le joyeux luron de la photo : ils viennent justement d'en voir assez pour ne pas avoir envie d'approfondir.
 
Le mal est sans remède. L'homonyme ne fait rien de répréhensible et il semble même très sympa. Il serait probablement ravi de d'offrir une bière s'il te croisait sur la poudreuse.

28.7.17

Une Étrange observation

J'ai commencé à lire la biographie de Bowie par David Buckley, David Bowie - Une Étrange fascination. A la page 63, on lit la description faite par Toni Visconti d'un phénomène bizarre dont il a été témoin. Extrait :
"Cela ne m’étonne pas que David se soit intéressé aux ovnis, mais on n’en parlait pas beaucoup. Un jour, il m’a présenté à l’auteur et interprète Leslie Duncan, qui était une de ses amies. Leslie et son ami ont parlé d’ovnis pendant des heures. C’était leur spécialité. Quand il a commencé à faire nuit, je suis allé sur le balcon avec son ami qui a fini par dire : 'Ils sont là-haut tout le temps.' Puis il a montré quelque chose du doigt, un objet à peine visible, à peu près de la taille d’une étoile moyenne, qui traversait le ciel rapidement. 'En voilà un', a-t-il dit. J’ai dit que ce n’était pas possible, que c’était seulement un satellite. Il a dit que non et qu’on devait continuer à l’observer. Très vite, l’objet a pris un virage à angle droit – pas du tout comme un satellite, il a accéléré, et puis il a disparu. David était à l’intérieur quand ça s’est passé, mais on s’est dépêchés d’aller le leur raconter, à Leslie et à lui."
Cet phénomène d’objet à l’apparence d’une étoile moyenne qui vire à angle droit, c’est exactement ce que j’ai observé une nuit où le ciel était dégagé. Dans mon cas, il y avait deux points lumineux de même taille et de même intensité, pareils à des étoiles, mais sans le scintillement, et qui fonçaient l'un sur l’autre de manière frontale, sur la même trajectoire rectiligne, à la même vitesse qui pouvait être celle d'un satellite. J’ai dit à l'ami qui m'accompagnait, "regarde ! regarde ces deux objets, ils vont se télescoper !" Ce qui s'est produit ensuite est le seul cas de figure que je n'avais pas envisagé : les deux points ont bifurqué à angle droit en directions opposées au moment précis où ils auraient dû se percuter. J'étais médusée. Je les ai vus s'éloigner l'un de l'autre puis ils ont disparu en même temps. Ce que j'ai trouvé le plus étonnant c'est qu'à aucun moment, même pendant ce virage improbable, les objets n'ont changé de vitesse et d'apparence.  Tout était harmonieux, et les trajectoires et les angles droits décrits étaient absolument parfaits, comme un tracé programmé par ordinateur.

7.7.17

Tanabata

 
En décorant ma branche de bambou, je me disais que mon Tanabata était plutôt un Tanabaka (parce que cela semblait légèrement crétin de suivre une coutume japonaise ici), mais on a les voyages et le Japon que l'on peut... C'est une jolie tradition, et en ce moment je ne perds jamais une occasion de faire un voeu...
 
 
C'est le jour qu'a choisi mon nymphéa pour s'ouvrir... Que cette fleur est belle !

1.7.17

Le Monde comme illusion

 
Détail de l'une des planches de L'Île Panorama d'Edogawa Ranpo, dans la somptueuse version manga délivrée de main de maître par Suehiro Maruo. Bourrée de références artistiques et de clins d'oeil. Si vous ne connaissez pas encore ce livre, je vous invite à le découvrir de toute urgence.