24.1.18

Rêves...

"Il convient peut-être de nous fier aux rêves qui nous projettent au-delà de nos limites."
Jacques ABEILLE, Les Barbares, 2011

13.1.18

Goshaaaaa !!!!!


Il y a quelques années, j'évoquais ici Robin Gatto et le choc Gosha(*).  Je savais qu'un livre était en préparation et j'en attendais la sortie avec impatience, mais je l'ai manquée. C'est par pur hasard que le mois dernier, en cherchant des idées de cadeaux pour Noël, je suis tombée sur cette monographie qui, pour tout fan de Gosha, s'apparente à une sorte de Graal. J'ai alors réalisé que la nouveauté avait déjà plus de trois ans.
Il s'agit d'un ouvrage en deux beaux volumes à couverture cartonnée, le premier consacré à "Sa vie" et le second à "Ses films", le tout complété de documents, de commentaires, d'entretiens, d'analyses... Une somme d'informations si impressionnante qu'on n'osait même pas en rêver.
Je ne me suis pas encore plongée dans sa lecture, car j'ai bien peur de ne plus pouvoir m'en extirper, mais l'ouvrage m'a d'ors et déjà donné l'envie de revoir tous les films...

Une chaîne Robin Gatto a été créée récemment sur Youtube. Elle propose une belle série de vidéos sur le cinéma japonais, dont des entretiens avec Gosha et sa fille Tomoe.

Robin GATTO, Hideo Gosha, cinéaste sans maître, LettMotif, 2014.



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(*) J'ai également mentionné un des films de Gosha dans ce billet  sur Nakadai).


1.1.18

Comment être créatif

“Always go a little further into the water than you feel you’re capable of being in and when you don’t feel that your feet are quite touching the bottom, you’re just about in the right place to do something exciting.”
David Bowie
 

(in David Bowie : the Last Five Years, dirigé et produit par Francis Whately, 2018) Trailer


"Va toujours un peu plus loin que là où tu penses être capable d'aller et au moment où tu sens que tu commences à perdre pied, tu es à peu près au bon endroit pour produire quelque chose d'intéressant."
Pour résumer : sors de ta zone de confort.

28.12.17

2017 is coming to an end...

... & what do I need ?

LOVE ?


What do I want ?

A NEW FACE ?


Les deux ? Peut-être....

Non. La fin de l'année étant l'époque des retours en arrière et des bilans, c'était ma manière de présenter les deux clips les plus sympas de 2017. Toutes deux signées PSY.
Le premier,  simple, efficace, addictif. Original aussi, car une fois n'est pas coutume, les filles échappent au modèle convenu de la sexy babe aguicheuse. On est plus dans l'esprit du haka d'avant-match que dans la coquetterie ambiguë.
Le second simplement parce qu'il est drôle ; l'allure de gros pervers du peintre et le style du cuisinier me font mourir de rire.
Les deux morceaux sont tirés de l'album 4X2=8 qui est plutôt réussi. L'écouter, c'est l'adopter.

17.12.17

L'Oeil dépoussiéré

Cette semaine j'ai effectué un raid dans ce lieu où pullule l'étiquette jaune fluo indécollable. Depuis un moment déjà j'évitais de m'y rendre car pour les personnes de peu de volonté dont je suis c'est un endroit de perdition. J'en reviens toujours avec trois tonnes de bouquins et de DVD sous chaque bras. Cela n'a pas manqué. J'ai opéré une razzia parmi les livres graphiques et rapporté, entre autres, ces trois ouvrages qui ont pour point commun de parer la littérature classique des atours de la BD : ce sont les volumes 1 & 2 du Canon graphique et Monsieur Bermutier de Marteen Vande Wiele.
Les deux volumes du Canon Graphique (il y en a trois en tout), publiés par les éditions Télémaque, présentent des extraits des grands classiques de la littérature mondiale illustrés ou revisités par tout ce que le monde de la BD et de l'illustration compte comme noms prestigieux. Ce sont de bons grands, gros bouquins comme on les aime, de beaux bébés de 450 à 500 pages. Les textes vont de l'Illiade à Baudelaire en passant par le Tao Te King, des contes indiens ou japonais et tout un tas de chef- d'œuvres aussi intéressants que disparates. Quant aux illustrations, tous les genres s'y côtoient. C'est une véritable invitation au voyage et au dépaysement, et à explorer les arcanes de la création et de la pensée humaine.
Monsieur Bermutier, publié chez Casterman, reprend quant à lui des nouvelles de Maupassant d'une manière très habile et dans un style qui ne manque pas de charme. Il se lit d'une traite.
 
Personne ne peut résister aux classiques quand ils se présentent sous ces traits-là. Ce grand dépoussiérage nous permet de réaliser à quel point ces textes sont intemporels et que ce n'est que le regard que nous portons habituellement sur eux qui les rejette dans le passé.
C'est notre œil qui est empoussiéré.

13.12.17

"L'Enfer" de Clouzot

Clouzot a peuplé son Enfer de quelques jolies créatures comme cette jeune femme sexy.
Peut-être est-ce parce que j'ai vu le documentaire sur L'Enfer et le film de Visconti à quelques jours de distance, à moins que ce ne soit dû à l'attitude équivoque des deux personnages ou au fait que tous deux portent un costume de matelot, mais la vue de ce cliché me fait penser au Tadzio de La Mort à Venise.
Sujet d'étude : du rôle ambigu du costume marin au cinéma et dans la littérature.

 

11.12.17

Illuminature & Humanissime

 
La couleur et moi, c'est une longue histoire d'amour,  aussi quand j'ai vu ce grand beau livre, destiné pourtant à un public juvénile, je me suis jetée dessus : quelle merveille ! des illustrations multicolores, des filtres colorés !
Si je m'écoutais, ma bibliothèque croulerait sous les livres expérimentaux, graphiques, créatifs, les pop-up et les illustrés pour bambins... Comme ma spécialité était l'art italien et que je m'intéresse de près au design, Bruno Munari, avec Dans la nuit noire et Dans le brouillard de Milan, m'a fourni un premier prétexte. Plus tard, quand j'ai dû m'occuper d'un neveu, j'ai trouvé une nouvelle bonne raison de me replonger dans la littérature enfantine. C'est à ce moment-là que j'ai découvert les éditions Milan (nous avions tous deux une forte addiction à Toboclic).

Ce sont ces mêmes éditions Milan qui en 2016 ont publié ce fabuleux Illuminature, et qui, cette année, sur le même principe, nous livrent Humanissime, une exploration du corps humain. Comme je suis plus flore et faune que corps humain, je vous présente le premier.
L'idée est toute simple et s'appuie sur la physique des couleurs et le principe de la synthèse soustractive  qui veut que la combinaison de deux couleurs complémentaires produise du noir. Comme vous pouvez le voir sur la couverture du livre, des images imprimées dans les couleurs Cyan, Magenta ou Jaune (CMJ) sont entremêlés, et ce sont les filtres rouge, vert et bleu (RVB) qui vont nous les rendre lisibles, les distinguer, en absorbant certaines couleurs et en faisant virer la complémentaire au noir. Voici donc cette même couverture vue au travers des différents filtres (ce ne sont pas le véritables filtres, mais des équivalents Photoshop) :



Le filtre rouge (combiné au Cyan, il produit du Noir. Il absorbe le Magenta et le Jaune.)



Le filtre vert (C'est avec le Magenta qu'il donne du Noir. Il absorbe le Cyan et le Jaune.)


Le filtre bleu (Il absorbe le cyan et le magenta. Associé au Jaune, il produit du Noir)



C'est magique, même quand on sait comment cela fonctionne !
La présentation est ludique et originale, mais elle n'est pas que visuelle, car l'ouvrage permet aux enfants de découvrir la faune et la flore de diverses parties du monde, jungles, déserts, récifs... Chaque animal observé est présenté en une ou deux phrases. On joue à l'explorateur et on se cultive en s'amusant.

7.12.17

Héros tatoués

Le sombre Illidan

Mon personnage préféré de World of Warcraft.
Il me rappelle Gully Foyle de Stars my destination (Destination les étoiles) dont j'ai déjà parlé ici. Je ne serais pas étonnée que Gully Foyle ait inspiré Illidan : même histoire d'enfermement, d'abandon et de trahison, même genre de tatouages initiatiques... Bien sûr, Illidan c'est un Foyle puissance mille... ce qui n'empêche pas le roman de Bester d'être toujours aussi passionnant.

Mais au fait, que devient ce projet de film que j'avais évoqué dans l'article susmentionné ? J'ai mené ma petite enquête et découvert que Jordan Vogt-Roberts est toujours sur le coup, qu'il y réfléchit et, les grands esprits se rencontrant forcément, il en arrive aux même conclusions que moi, à savoir qu'il serait plus judicieux de faire de cette œuvre fourmillante d'idées une mini-série plutôt qu'un simple film.

Il semble à la fois très enthousiaste et bien conscient des écueils à éviter. Il ajoute que s'il abandonne le projet, il veillera à ce que Park Chan-wook, qui est son réalisateur préféré, en prenne la direction ! (Alors là, je suis scotchée !) Il précise même qu'il a déjà abordé le sujet avec lui !

L'interview est récente, publiée le 7 septembre 2017 sur Collider par Matt Goldberg  qui conclut que la direction que va prendre le projet n'est pas encore très définie car il n'en est qu'à son tout début et qu'il ne faut pas s'attendre à le voir avant longtemps, mais il espère que Jordan Vogt-Roberts sera l'homme qui transposera le livre à l'écran. Moi aussi pour le coup, mais je ne détesterais pas non plus que ce soit Park Chan-wook.

4.12.17

How to make cosmetics from nature

 
Coup de cœur pour cette vidéo dans laquelle Li Ziqi explique comment en Chine on fabrique (ou fabriquait) des cométiques à base de produits naturels. Même si l'on n'a pas l'intention de préparer soi-même ses produits de beauté, il faut la regarder pour le plaisir. Le décor, les gestes harmonieux et la manière de filmer produisent une atmosphère intemporelle et raffinée. C'est magnifique.

29.11.17

Exil

Pour la première fois il se représentait la solitude du chef non plus comme l’isolement du sommet mais comme un exil loin de la vérité.

Jacques Abeille, Le Veilleur du jour.

15.11.17

L'Intruse


"Les citoyens de l'Europe sont las de sentir à toute heure sur leur épaule la main d'une autorité qui se rend insupportable à force d'être toujours présente. Ils tolèrent encore que la loi leur parle au nom de l'intérêt public, mais lorsqu'elle entend prendre la défense de l'individu malgré lui et contre lui, lorsqu'elle régente sa vie intime, son mariage, son divorce, ses volontés dernières, ses lectures, ses spectacles, ses jeux et son costume, l'individu a le droit de demander à la loi pourquoi elle entre chez lui sans que personne l'ait invitée."
Pierre Louÿs, Le Roi Pausole.

13.11.17

D'un blanc virginal...


... au printemps,
le Boule de neige achève son cycle
par une débauche de couleurs.
Est-ce par compensation ?

11.11.17

Au Soir de la Pensée

 
Qui se souvient encore d'Abel Hermant de l'Académie française ? Par grand monde, j'imagine. Je cherchais, dans mon stock de livres d'occasion, quelque chose à proposer à un groupe de lecture, et c'est en ouvrant son roman intitulé La Discorde (1928) afin d'en lire quelques extraits que j'ai trouvé ce marque-page : une carte destinée à promouvoir le livre de Georges Clémenceau, Au Soir de la pensée, sorti l'année précédente chez le même éditeur (Plon).
 
Clémenceau fait partie de ces hommes d'Etat dont le nom nous reste connu alors que nous avons oublié le détail de ses actes. Jusqu'à une époque très récente, si l'on me disait "Clémenceau", je pensais "Brigades du Tigre", mais récemment j'ai regardé un documentaire (de la série L'Ombre d'un doute) qui m'a rafraîchi la mémoire à son sujet. Plutôt antipathique, le bonhomme. En politique comme dans sa vie privée, il était sans pitié.
 
Passionné d'arts asiatiques et grand collectionneur, à un journaliste qui l'interrogeait sur son intérêt pour les cultures orientales, il a déclaré qu'il était bouddhiste. Était-ce seulement une boutade ? 
 
Que pouvait écrire un tel homme à la fin de sa vie ?
Je suis allée voir ce que renfermait Au Soir de la pensée... Le premier chapitre s'intitule "Dans le moment qui fuit..." (cela sonne assez bouddhiste, en effet, et la suite également !) 
Au soir de la pensée, quand la vie présomptueuse, à bout de floraisons, ne peut plus qu'égrener au vent ses rares commencements de velléités dernières, voici que devant la suprême interrogation, l'homme effaré s'arrête - moins stupéfait d'une existence improvisée que confondu du proche effondrement où se heurte l'infatuation de sa personnalité.
Qu'est-ce donc qu'avoir vécu ? Qu'est-ce donc que vivre et mourir ? Qu'est-ce que naître, d'abord ?
La naissance ? Une continuation. La continuation d'un tumulte ordonné d'énergies en perpétuel devenir.
Vivre ? La sensation d'une imaginaire fixité dans l'insaisissable révolution de cette éternelle Roue des choses, dont l'Inde n'eut la vision que pour l'irrésistible tentation de s'en affranchir.
Mourir ? Continuer encore, et toujours, en des formes éternellement renouvelées.
Si vous désirez en savoir davantage, allez faire un tour sur Gallica... L'œuvre est en deux volumes...
 
J'ai appris hier que Clémenceau sera la grande figure célébrée à l'occasion du centenaire de la guerre de 1914-1918. L'opportunité, peut-être, de redécouvrir cette personnalité complexe.
 

2.11.17

Vous avez dit "étrange"?

"...comme c'est étrange, il suffit qu'une idée noble et généreuse atteigne à la démesure pour qu'elle devienne aussitôt étroitesse d'esprit."
Romain Gary, Lady L.

10.10.17

"Assault girls", Mamoru Oshii, 2009

 
Assault Girls (Asarutu Gâruzu), tout comme Tachiguichi Retsuden fait partie des œuvres dans lesquelles Mamoru Oshii, (surtout connu et célébré pour l’anime Ghost in the Shell) pulvérise les genres et les limites, et qui, pour cette raison, peinent à rencontrer leur public.
 
Le scénario est minimaliste : nous sommes en immersion dans un jeu vidéo en ligne baptisé Avalon (f). Nous débarquons donc dans un désert au beau milieu d’une partie et découvrons quatre joueurs, trois femmes et un homme, qui affrontent de gigantesques créatures mutantes. Comme ils doivent absolument détruire ces monstres pour passer au niveau supérieur, et qu’ils ne peuvent y arriver seuls, ils se voient obligés de s’allier pour organiser un raid.
 
Les codes qui s’appliquent tout au long du films sont ceux du jeu et non ceux du cinéma. Visuellement, tout est fait pour que l’on se croie dans un décor virtuel. C’est à la fois minimaliste (le désert) et beau. Les images sont stylisées, les couleurs un peu passées, et l’on a droit à de nombreux gros plans et raccourcis. Le temps est celui du jeu, c’est à dire que, tout comme dans une partie de jeu en ligne, il y a de longs moments d’exploration pendant lesquels il ne se passe absolument rien. Les dialogues concernent uniquement la partie, et le peu que l’on apprend des personnages, on le découvre soit à travers les invectives qu’ils s’envoient, la manière dont ils jouent et les identités qu’ils se sont créées. De leur vies réelle, on ne voit rien. On nous a seulement dit que leur monde est en ruine et que c’est la raison pour laquelle ils se réfugient dans cet univers factice. Avalon est devenu leur véritable lieu de vie. On en sait probablement davantage si l’on a vu le précédent file d’Oshii sur le même thème, Avalon (2001), mais Assault Girls se suffit à lui-même.
 
Le gros atout du jeu et du film, vous l'aurez deviné en regardant les photos, ce sont les trois actrices, très belles et sexy. Rinko Kikuchi est magnifique en Lucifer.
 
L’idée de nous plonger dans un jeu vidéo est extrêmement séduisante. Apparemment, c’est un concept auquel Mamoru Oshii tient beaucoup puisqu’il vient d'en sortir une nouvelle déclinaison, Sand whale and me (2017), une série TV en cinq épisodes.
 
 
En creusant un peu le sujet, j'ai trouvé cette thèse de doctorat de Martin Picard, Pour une esthétique du cinéma transludique - Figures du jeu vidéo et de l’animation dans le cinéma d’effets visuels du tournant du XXIe siècle dans laquelle l'auteur s'est intéressé à l'influence du jeu vidéo et de l'animation sur le cinéma et pris pour objets d'étude Matrix des Wachowski (1999-2003), Avalon et Kung-fu Hustle de Stephen Chow (2004). A la lumière de cette analyse, on se rend compte qu'avec Assault Girls Osshi ne fait que pousser un peu plus loin l'expérience de fusion entreprise avec Avalon, cette fois en se débarrassant presque complètement de l'aspect (du prétexte) narratif. C'est un film purement théorique d'où l'incompréhension presque générale qu'il a suscitée.

4.10.17

Lay en mode néo-rococo...


(détail)

(détail)
 
J'ignore le nom du photographe qui a réalisé cette série de portraits de Lay, ex-Exo, mais ils sont très réussis.  Ils rappellent les peintures des XVIIe et XVIIIe siècles et sont à la fois très beaux et totalement décalés, voire complètement incongrus.
Je découvre Exo par bribes, d'abord Shanyeol par l'OST de Goblin, et maintenant Lay...  Si je ne me surveille pas, je vais finir par devenir fan.


5.9.17

Avez-vous jamais eu envie...

.... d'épouser un Goblin ?
Non ? Alors c'est que vous en êtes restés à Harry Potter ou World of Warcraft et que vous n'avez pas encore eu le bonheur de découvrir le concept du Goblin hyper craquant développé par la scénariste Kim Eun-soon dans le drama du même nom.
Son Goblin n'est pas vert, il n'a pas les oreilles démesurées en pointe ni le regard torve. Il a le charme de Gong Yoo, c'est dire s'il est mimi...
La bande originale est plutôt bien...  Mais voyez et entendez par vous-même...
 

le générique et la chanson thème
(devenue ma favorite du moment)
 

 "Round and round" (encore, car je ne m'en lasse pas) et "Stay with me" interprétés par Punch et Shanyeol .
(Le passage où deux personnages marchent dans les phares est repris
un peu plus tard dans le drama, mais sous forme de parodie - hilarant.)
 

en anglais

2.9.17

La Mort d'un chat

 
 
Hier, au moment où je sortais de chez moi, j'ai aperçu un groupe de promeneurs sur la route. Quelle ne fut pas ma surprise de voir quelques femmes s'en détacher et se précipiter à ma rencontre avec des mines catastrophées :
- Madame, Madame, venez vite voir...  Il y a un chat mort sur votre pelouse !
Elles me l'ont décrit, étendu, les pattes en l'air, inerte... Il a dû se faire renverser par une voiture et aller mourir là... le pauvre !
Je me suis rendue avec elles sur les lieux du drame.
En effet, malgré le groupe qui jacassait près de lui, le chat, figé dans une position bizarroïde, ne remuait pas un poil. 
Normal, il a le sommeil lourd, Chat...
Le bruit des conversations excitées a quand même fini par le réveiller. Il nous a regardés, l'œil torve, puis s'est levé paresseusement, a parcouru les quelques mètres qui nous séparaient de lui avant de se laisser tomber lourdement aux pieds des bonnes dames qui se sont empressées de lui frotter le ventre, heureuses de le voir ressuscité. 
Il est comme ça, Chat. Il dort n'importe où, dans des positions baroques, indifférent au monde qui l'entoure. Parfois, il ne se rend même pas compte que la pluie tombe et nous revient le pelage hirsute et trempé. C'est un philosophe. L'âme en paix, il l'a de son vivant, lui.

1.9.17

"L'Atlantide" de Pierre Benoit

au dos de ma vieille édition de L'Atlantide...
Pas faux... Je l'ai lu presque d'une traite.